Mes proches, mes meilleurs critiques

Chaque fois que je travaille sur une toile, j’envoie les différentes étapes à un petit groupe de mes proches, en attendant un retour franc, une opinion et des commentaires. Je le fais sans doute en partie poussée par mon égo qui souhaite une certaine validation et d’autre part parce que je me sens toujours aussi fébrile et incertaine quand je prends à nouveau mes pinceaux.

Chacun à sa façon m’apporte un grand réconfort, puisqu’ils réagissent tous différemment à une même toile. Ma belle-sœur m’a déjà dit que c’est justement l’interprétation que quelqu’un peut faire selon sa perception d’une œuvre qui représente la beauté de l’art. (Ou quelque chose du genre). J’ai adoré.

Parfois, je découvre la sensibilité et la vulnérabilité de ceux que j’aime à travers les commentaires qu’ils font sur une de mes toiles. Je réalise d’ailleurs que celles qui représentent des compositions originales et qui regorgent d’émotions et d’histoire sont celles qui ont le plus d’impact.

Mes parents, mes plus grands fans

Ma mère est ma meilleure critique visuelle (et expressive !!!). C’est celle qui me donne des réactions « live » parce que souvent, elle m’appelle plutôt que de texter. Puis, on discute. Elle prend le temps… et je lui en suis tellement reconnaissante. Elle ne sait même pas à quel point elle me motive à poursuivre mon cheminement.

Elle commente les couleurs en premier lieu et me dit sans ambages ce qui est magnifique, ou au contraire, si ça ne fonctionne pas. J’adore qu’elle fasse en sorte que je me pose des questions sur la fluidité, la raison du contenu et la vue d’ensemble. D’ailleurs, elle n’hésite pas non plus à me dire si elle aime ou non, et elle me fait souvent rire par sa franche candeur. Si vous regardez la toile « Saut quantique », dites-vous d’ailleurs que l’œil lui fait « ben ben peur », même si je lui ai expliqué qu’il s’agissait de voir ou de porter un regard aux différentes réalités possibles que l’on souhaite se créer. Non. Elle me rétorque « Nan, je l’aime pas, il me fait peur ». Tite maman.

Mon père, quant à lui, est sans doute celui qui est le plus éloquent et qui m’étonne le plus dans ses longs descriptifs, lui qui habituellement est un homme de peu de mots lorsque vient le temps d’exprimer ses émotions. On dirait que certaines images le connectent profondément avec son intérieur et je me sens toujours émue et privilégiée du retour de vibrations que je reçois de sa part.

Chez lui, il a ma première composition. La seule toile que j’ai peinte sans aucun repère et qui au final représente l’introspection, le cycle de la vie, la renaissance. Il y a même un texte au verso. Je sortais d’une période difficile. Certaines personnes trouvaient cette toile bizarre (OK, pas mal tout le monde). Alors que lui, instinctivement, il a compris. Il m’a regardée, et j’ai été frappée de constater qu’il « voyait » tout ce qui était exprimé. Un moment que je n’oublierai jamais. Évidemment, je devais la lui offrir. Je venais de comprendre ce que l’on doit ressentir devant une œuvre avant de dire : oui, je veux lui offrir une place chez moi.

Trois âmes artistiques

Ma sœur, ma belle-sœur et ma cousine Nanou sont toutes de belles âmes artistiques à qui j’envoie mes nouvelles créations et qui me répondent vraiment selon ce qu’elles ressentent et chacun de leurs mots est pure inspiration pour moi. Si j’ai des incertitudes, je demande. Mais elles sont surtout un peu « vendues ». Elles ont toutes également des talents en peinture et leur rétroaction est importante pour moi, au-delà du lien familial. Elles ont chacune leur perspective, leur façon de voir les choses et sans le savoir, elles m’apportent des réflexions qui font parfois toute la différence à la finalisation d’une toile, ou au sujet d’une prochaine.

Mon homme, fiston et mon frère

Qu’en est-il de mon conjoint et de mon fils ? Eh bien, je crois qu’ils sont habitués de me voir peindre. Je suis un peu comme une enfant surexcitée chaque fois que j’entreprends une nouvelle toile. Je suis pressée de leur montrer ma progression, et je sais que ce n’est pas nécessairement leur tasse de thé. Comme leur passion pour la chasse n’est pas la mienne !

Toutefois, c’est eux qui me voient parfois dans tous mes états parce que ça ne fonctionne plus, parce que le coup de pinceau tout à coup n’en fait qu’à sa tête, et ce n’est pas de tout repos. Il m’est arrivé, sous le coup de l’émotion, de remettre du GESSO partout et de recommencer à zéro. Tsé, mauvaise gestion émotionnelle.

Il n’en demeure pas moins que mes deux amours prennent le temps de s’arrêter pour jeter un œil à ce que je fais de temps à autre, sur la pointe des pieds. Ce n’est pas de leur faute, ils ont peur de me déranger (parce que je montre les dents en grognant) lorsque ce n’est pas encore le temps de venir voir.

Et dans les moments où je suis trop dure avec moi-même, je pense au jour où mon frère m’a dit qu’il ne comprenait pas comment je pouvais douter de moi. Comme c’est bien le fils de son père (un autre homme de peu de mots), ça m’a beaucoup touchée. Je me parle donc « dans ‘face » quand je doute.

La cerise sur le sundae

Il arrive finalement que j’envoie mes peintures à mes amies Anny, Marie-Josée et Sonia pour avoir un regard extérieur et objectif, parce qu’il est important selon moi d’obtenir différentes réactions si je veux un jour exposer !

Je crois que tous les artistes, professionnels ou amateurs, ont une certaine crainte de l’œil critique. C’est un sentiment qui se pointe le nez sans qu’on le souhaite. Et d’une façon, avant de sortir de l’ombre en créant Sans ARTifice, il me fallait valider le plus possible l’accueil de mes proches avant de faire face à l’accueil d’étrangers.

Alors, à tous mes proches, merci de m’avoir préparée à affronter l’extérieur des quatre murs de mon atelier.

Stéphanie, Sans ARTifice

Crédit phot : Pixabay/Weinstock

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